Je suis né le 2 novembre 1944 dans une famille de 15 enfants. Ma mère était chrétienne mais mon père était un alcoolique qui maltraitait les enfants. Il dépensait tout l’argent de la famille pour l’alcool et pour mener une mauvaise vie, y compris avec d’autres femmes.
Tout au long de mes jeunes années, j’ai haï mon enfance et surtout les coups que je recevais de mon père. Je voulais en finir avec tout cela.
Il y avait dans la ville où j’habitais quatre personnes qui s’intéressaient à moi et qui me donnaient du travail. Elles ne me donnaient pas d’argent, pourtant; elles m’achetaient des vêtements et ce qu’il me fallait pour l’école. Je suis le seul de la famille à avoir fini l’ école.
Après avoir obtenu mes diplômes, je me suis engagé dans la marine. En janvier 1963, j’ai été transféré à San Diego, en Californie. J’ai été envoyé au Japon et pendant que j’étais là-bas, j’ai fait connaissance avec un nouvel ami, Monsieur Alcool. J’avais toujours pensé que, à cause de tout ce par quoi j’avais vu mon père passer, je ne boirais jamais.
J’étais à des milliers de kilomètres de chez moi, et je me sentais très seul, avec le mal du pays. Un soir, un groupe de gars m’a invité à sortir en ville avec eux. Alors que nous allions de bar en bar, l’un deux me dit: « Jim, goûte à ça. ». C’était du whisky avec du Coca. et j’ai trouvé ça bon. Alors j’en ai bu sept ou huit. Ensuite je me suis senti tellement bien que je n’ai pas fait attention à ce que je buvais. J’ai commencé à boire de la bière, du whisky, de la tequila, du saké et toutes sortes d’alcools différents. Quand je fus ivre mort et plus en état de marcher, ils me ramenèrent sur leurs épaules. C’est comme cela que j’ai commencé à boire et que je suis devenu alcoolique. Je crois que j’étais même pire que mon père.
Un jour, j’ai été envoyé par bateau du Japon vers le Viet Nam. J’ai débarqué dans la vallée de Da Nang où j’ai travaillé sur les pistes d’aviation. Au Viet-Nam, on m’a présenté un autre ami – la drogue. J’ai commencé à inhaler de la drogue, à avaler des pilules, à fumer de la marijuana.
Je devins tout aussi dépendant de la drogue que je l’étais de l’alcool. Finalement, mon service se termina et je rentrai à la maison, après trois ans d’absence.
Je démarrai une entreprise de paysagiste à Brownfield, au Texas. et elle devint si prospère que je gagnais plus d’argent que je n’en avais jamais eu, de toute ma vie. Mais mes problèmes d’accoutumance me coûtaient environ 200$ par jour en alcool et en drogue. Alors j’ai décidé qu’il fallait que j’aie plus d’argent. J’ai donc commencé à voler des chèques de paye et à falsifier des chèques. Résultat, j’ai été mis en prison pour faux et usage de faux.
Quand je suis arrivé en prison, ils m’ont dépouillé de mes vêtements et ils m’ont rasé les cheveux. J’ai demandé à l’un des gardes ce qu’on me faisait. Il me répondit qu’ils se débarrassaient des puces et des poux. Ensuite, il m’a dit que j’étais le rebut du genre humain. Je l’ai frappé au visage, et lui éclatais la lèvre inférieure en lui faisant perdre deux dents. C’était mon premier jour de prison. Pour cela, j’ai écopé d’un an d’isolement.
Je vivais dans une cellule de 1,80m sur 2, 40m et j’y passais 23 heures par jour. J’en sortais seulement une heure pour prendre une douche et me raser puis j’étais ramené directement dans ma cellule.
Après six mois dans cette cellule, l’aumônier est passé et m’a demandé si je voulais quelque chose à lire. J’ai répondu « Oui » et il m’a tendu un vieux livre marron sale. C’était une Bible Gédéon. On l’avait mal utilisée et elle était déchirée à l’intérieur. Je n’avais jamais lu la Bible, alors je l’ai prise et je l’ai jetée sous mon lit.
Deux mois plus tard, vers minuit, j’étais dans un coin de ma cellule et je pleurais parce que je n’avais encore reçu aucune visite et aucune lettre. La clarté de la lune à travers la fenêtre éclairait sous mon lit et frappait cette vieille Bible Gédéon.
Je suis allé la chercher là-dessous et je l’ai dépoussiérée. J’ai commencé à lire à Genèse et je n’ai pas reposé ce livre pendant des jours. Quand j’ai fini l’Apocalypse, mon coeur me faisait mal et le Saint Esprit travaillait en moi, je suis tombé à genoux. Je ne savais pas comment prier et j’ai donc pris la vieille Bible Gédéon en la plaçant contre ma poitrine. J’ai dit « Cher Seigneur, je ne sais pas comment dire ça mais si Vous êtes ce que ce Livre dit que Vous êtes, j’ai besoin de Vous. J’ai tellement besoin d’un Ami. Personne ne m’aime et personne ne se soucie de moi. » J’ai senti comme le poids du monde enlevé de mes épaules, juste à ce moment-là. J’ai commencé à siffloter et à chanter; je savais que quelque chose d’important venait d’arriver. J’ai pris la Bible Gédéon et elle s’est ouverte à Jean 3:16 « Car Dieu a tant aimé le monde .. » Je cherchais quelqu’un qui m’aime. J’ai demandé au Seigneur de me sauver.
Ce matin-là, l’aumônier passa par là et me demanda comment j’allais. Je lui dit « Je suis une nouvelle créature. Je suis né de nouveau cette nuit. » Il répondit « Loué soit le Seigneur! J’ai obtenu de vous sortir de là. » Alors l’aumônier m’a fait sortir et il commença à m’enseigner. Avant peu, je prêchais dans la prison d’Huntsville, au Texas. L’aumônier Clyde Johnson me donna l’occasion de commencer à prêcher et à enseigner aux autres détenus.
Il y a 23 ans que j’ai été sauvé et je sers toujours mon Seigneur. J’ai toujours une Bible Gédéon sur moi. Je ne peux pas trouver assez de mots pour louer l’Association des Gédéons pour ce que vous faites. Au cours des années, je vous ai vu fournir des milliers de Bibles aux prisonniers. Je remercie Dieu pour la Bible Gédéon et pour le ministère Gédéon. Je sais que d’autres découvriront que Dieu les aime, tout comme je l’ai fait.
Traduit de l’aumônier Jimmy Huff, Colorado City, Texas