Ma Bible gédéon (Paris)

Originaire d’une famille d’agriculteurs dans un tout petit village de Franche-Comté près de Besançon, je suis la deuxième des quatre enfants; mes parents sont très unis, d’un milieu catholique traditionnel .

Après l’internat et le bac, j’ai fait l’école hôtelière et à 20 ans, je suis sortie toute « oie blanche » dans le monde.

Malgré une vie professionnelle intéressante et mouvementée qui à l’époque me donnait une identité, j’allais d’échec en échec sur le plan relationnel. Après de nombreux déménagements en France et à l’étranger, travaillant toujours dans les hôtels, je suis rentrée à Paris en 1981.

J’avais tenté de me suicider trois fois, touché à l’occultisme, subi des horreurs, rompu des fiançailles de cinq ans et, sans un sou, je plongeais dans l’obsession du travail de 18h d’hôtel par jour et une nouvelle dépression galopante et l’insomnie.

En 1984, une amie m’invita en vacances chez elle en Afrique du Sud, en Namibie à Windhoek. Là-bas, je découvris qu’elle était convertie et je vis « mes premiers chrétiens ». Leur foi, leurs prières, leur chaleur me firent pleurer pendant 6 semaines. Je vécus ma première guérison physique de douleurs que j’avais dans le ventre depuis l’âge de 11 ans .

Je suis rentrée à Paris avec la recommandation de lire la Bible chaque jour. Pour moi, cela représentait le livre le plus ennuyeux du monde et je ne comprenais pas qu’on la lise encore et encore… Une fois devait suffire!

Dans les hôtels, je savais qu’il y avait une Bible dans chaque chambre. Lorsque j’étais devenue gouvernante, j’avais moi-même distribué ces livres dans les chambres, sans me poser la question d’où ils venaient. J’ai pris une Bible à couverture rouge dans une chambre où je travaillais, sans m’arrêter au fait que çà n’était pas juste. Je pensais:  » Personne ne les lit de toute façon; je la remettrai après !

Six mois après mon retour d’Afrique, munie de « ma Bible », j’ai visité une petite église évangélique et là de nouveau :

« Il faut lire la Bible » et: « Tout est écrit dans la Bible »; « Dieu parle dans la Bible »; les jeunes avaient organisé une exposition-Bible à la mairie. Cela m’a énervée encore plus et puisque je ne dormais pas la nuit, je lisais les pages monotones des généalogies; car bien sûr un livre se lit par le commencement.

Et puis un jour, à la toute première page de garde de cette Bible très bien conçue, il y avait une liste de lectures proposées. Je lus les » principes à observer à l’égard de cas de conscience difficiles à résoudre » :Romains 14.

Le 13 Octobre 1984, à 2H30 du matin, j’ai compris que Dieu m’acceptait comme j’étais. J’ai senti que Jésus était vivant, comme présent dans ma chambre et j’ai donné ma vie au Seigneur.

Pendant deux jours, j’ai lu et relu tous les versets qu’on m’avait encouragée à lire et que je n’avais pas lus; et chacun me « signifiait » quelque chose; c’était miraculeux! Dans la même semaine, j’ai voulu assister à une étude biblique dans cette petite église; je ne pensais plus que la Bible était ennuyeuse.

En rentrant , dans le métro ce soir-là, un jeune homme à côté de moi me dévisageait. J’étais en train de « boire » ma Bible. Il me demanda si c’était  » le Code pénal », ce bouquin? Quand je lui dis que c’était la Bible, ses yeux étaient tellement avides que je la lui ai donnée; c’était ma station et j’ai du descendre en lui recommandant de la lire chaque jour .

Elle était soulignée, cornée d’une semaine de fouilles et je suis rentrée chez moi les mains vides, mais avec un grand espoir dans le coeur.

Le lendemain, je prenais une autre Bible à l’hôtel, pour resouligner tout ce que le Seigneur m’avait dit; il ne fallait rien perdre! Puis j’ai commencé à penser qu’il fallait que je les remplace… J’ai acheté une Bible neuve pour la mettre dans une chambre, mais elle ne pouvait être marquée  » Gédéon », donc je l’ai laissée dans mon bureau pour la lire à midi.

Après plusieurs mois, j’ai voulu contacter les Gédéons par l’adresse indiquée sur la Bible. J’ai du mal m’expliquer et la réponse était sèche: » seuls les hommes d’un certain niveau social peuvent s’intéresser à cette Association chrétienne et moi, en tant que femme célibataire, je devais m’intéresser à d’autres oeuvres. »…

Une année passa; je me fis baptiser, je suivis les cours bibliques et je pensais toujours à cette Bible que je ne pouvais plus rendre parce qu’elle était soulignée, trop personnelle.

Dans un camp de ski chrétien, un soir, avant la louange, un dentiste s’approche de moi :
-« Où as-tu pris cette Bible »?. J’étais découverte!
-« Dans l’hôtel où je travaille »
-« C’est interdit ».
-« Je sais, mais je ne peux plus la rendre comme çà et les Gédéons ne veulent pas de moi parce que je suis une femme. »
Il a ri; il m’a expliqué car il était Gédéon lui-même.

De retour à Paris, j’ai pu contacter M. L., Gédéon d’un groupe parisien à l’époque, qui m’a rendu visite et donné 200 NT bleus trilingues pour les deux hôtels où je travaille. Bien sûr, il m’a rassurée en me donnant les deux Bibles que j’avais déjà prises .

Ces NT dans les chambres sont pour moi l’occasion de contacts avec le personnel et les clients. Lorsqu’un évangile disparaît, je prie pour celui qui l’a emporté. Le Seigneur a fait de grandes choses dans mon coeur, il m’a envoyé plusieurs chrétiens pour travailler dans l’hôtel .

En quatre ans de conversion et grâce à sa Parole, j’ai pu mieux saisir quelle est la volonté de Dieu. J’ai lu plusieurs fois  » ma Bible Segond marquée Gédéon » et avant de lire une autre version, je veux louer notre Seigneur, Le remercier pour cette vision qu’il a donnée aux Gédéons et pour l’obéissance qu’il a trouvée dans leurs coeurs pour diffuser sa Parole de par le monde. »

Témoignage rapporté par l’intéressée lors du Banquet-Pasteurs du Congrès de Lille, le 12 Mai 1988.